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Présentation de l'église paroissiale   en français
L'EGLISE
bibliographie : "L’église paroissiale de Molsheim" Médard BARTH (1964)
EGLISE PAROISSIALE DE MOLSHEIM

(ANCIENNE EGLISE DES JESUITES)


HISTORIQUE

                         L’église paroissiale de Molsheim est couramment appelée « Eglise des Jésuites », car elle  fut construite pour les disciples d’Ignace de Loyola. Devant l’importance croissante de la Réforme Protestante, des Pères Jésuites s’étaient établis dans la ville épiscopale de Molsheim dès 1580 pour y fonder un Collège. Mais ce n’est que bien des années plus tard que  les dons, les collectes et surtout la générosité de l’Archiduc Léopold d’Autriche, Ếvêque  de Strasbourg, leur permirent d’entreprendre la construction d’une église dans l’enceinte de leur collège. Construite entre 1615 et 1617 par l’architecte Christophe Wamser, l’église fut inaugurée solennellement en août 1618 par l’évêque de Bâle, et resta affectée au Collège jusqu’à la suppression de la Compagnie de Jésus qui intervint en 1765. Louis XIV visita l’église des Jésuites lors de son passage à Molsheim en 1683.
                         Après la Révolution, elle fut rendue au culte et donnée à la paroisse de Molsheim pour remplacer l’ancienne église paroissiale construite en 1530 sur l’actuelle Place du Marché et qui avait dû être démolie puisqu’elle menaçait ruines. La première église de Molsheim a été le Dompeter, situé en plein champ près du village d’Avolsheim. Les fondations de cet édifice qui serait la plus vieille église d’Alsace, remontent au VII ème siècle.


EXTERIEUR DE L'EGLISE

                         L’église des Jésuites peut être considérée comme un monument remarquable : c’est un des édifices religieux les plus importants de toute l’Alsace. Sa longueur est de 61,50 m, sa largeur de 21,50 m. La tour flanquée d’une façade Ouest est dédiée à Saint Michel ; dressée dans l’axe même du bâtiment, elle atteint 45 m de haut. A l’origine, la tour était coiffée d’un toit rond sur lequel se dressait une statue de la Vierge. Les portes d’entrée ainsi que les portes intérieures sont de style Renaissance ; elles datent de l’époque de la construction : l’année 1618 y est plusieurs fois mentionnée.


LA NEF

                         La nef centrale comporte dix travées ; elle est séparée des deux collatéraux par une rangée de piliers qui supportent des galeries. A leur hauteur, on aperçoit des restes de peintures murales. Les statues qui ornaient les niches le long des galeries ont disparu pendant la Révolution. Cette nef majestueuse et ces vastes tribunes permettaient le rassemblement de foules importantes, comme les pères Jésuites le souhaitaient. La chaire (1631)  est ornée des statues de saints Pierre et Paul et des quatre Pères de l’Ếglise : Saint Jérôme, Saint Augustin, Saint Ambroise et Saint Grégoire. Les bas-reliefs représentent : Jésus guérissant un lépreux, l’envoi des apôtres en mission, Saint Jean-Baptiste prêchant la pénitence, Saint Ignace et Saint François-Xavier, les prédicateurs de la Parole Divine. L’abat-voix est surmonté du Bon Pasteur et des quatre Ếvangélistes.


LE CHŒUR

                         La grande nef conduit au chœur et au Maître-Autel (1865). Le chœur extraordinairement lumineux accroît encore l’impression de grandeur de l’édifice. Au milieu de l’autel, Saint Georges terrassant le Dragon. Ce martyr du IV ème siècle est le patron de l’église et de la ville. Au dessus du tabernacle : les statues de Saint Materne, Saint Sébastien, Saint Roch et Saint Arbogast. Derrière l’autel : vitrail représentant Sainte Odile, S. Léger, le pape alsacien Léon IX d’Ếguisheim et Sainte Richarde.


CHAPELLE SAINT IGNACE

                         La chapelle latérale de gauche (Nord) est dédiée à Saint Ignace de Loyola. Les peintures murales datent de 1621 ; elles relatent la vie du fondateur de la Compagnie de Jésus. De part et d’autre de l’entrée du petit chœur : Saint Florent, Saint Amand et Saint Materne. Les armoiries sur la clef de voûte sont celles de l’archiduc Leopold d’Autriche, fondateur de l’église.
                         Les décorations en stuc des chapelles latérales (1630) constituent le seul exemple de style Jésuite en Alsace ; elles sont l’œuvre de Jean Kuhn. Les Fonts baptismaux (1624) proviennent de l’ancienne église paroissiale. Les bas-reliefs représentent les Sacrements, à l’exception du Baptême, la vasque étant elle-même le symbole de ce sacrement.


CHAPELLE DE LA VIERGE

                         La chapelle latérale de droite (Sud) est dédiée à la Vierge. Les peintures murales datent en grande partie de 1748 : Circoncision, Présentation au Temple, Jésus parmi les enfants, Jésus et les docteurs de la Loi, l’entrée à Jérusalem, etc. Dans le petit chœur : Marie Immaculée, l’Annonciation, la Visitation et la Nativité. De part et d’autre de l’entrée du petit chœur : Saint Joseph, Saint Bernard, Saint Joachim et Saint Dominique. Les armoiries sur la clef de voûte sont celles de l’Ếvêque-Coadjuteur Gabriel Haug. Après sa restauration en 1989, la dalle funéraire de l’évêque Jean de Dürbheim (1328) précédemment dressée contre le mur sud de la chapelle a été réinstallée dans sa position initiale de gisant. Jean de Dürbheim dota la ville de Molsheim d’un hôpital et fit restaurer et agrandir le mur d’enceinte.


LES AUTELS SECONDAIRES

                         L’autel de la nef collatérale Sud est dédié à Saint Jean-Baptiste et représente le Baptême du Christ. Sur l’antépendium : la Vierge et Sainte Ếlisabeth avec leurs enfants.
                         L’autel de la nef collatérale Nord est l’Autel de la Croix, avec un antépendium relatant l’histoire de la célèbre croix de Niedermunster. D’après la légende, elle aurait appartenu à Charlemagne, qui l’aurait fait charger à dos de chameau. Livré à lui-même, l’animal se serait dirigé vers l’Alsace jusqu’au pied du Mont Saint Odile : cette croix miraculeuse fut vénérée pendant de nombreux siècles au Couvent de Niedermunster. Confiée aux Jésuites de Molsheim par l’Ếvêque Jean de Manderscheid en 1580, elle a disparu pendant la Révolution.


L’ORGUE SILBERMANN

                         Cet orgue, construit par Jean-André Silbermann en 1781, remplace un orgue de 1618. La composition d’origine de l’instrument n’est attestée par aucun document ; mais restauré en 1970 dans l’optique de Silbermann, il a retrouvé son caractère authentique. L’orgue de Molsheim fut un des derniers instruments de Silbermann : c’est le seul en Alsace à posséder un clavier d’Echo complet de quatre octaves. Autre particularité : le buffet d’orgue possède des ailes sculptées ornées d’instruments de musique.


LA GRANDE CROIX

                         Dans l’entrée Nord de l’église se trouve une magnifique croix de pierre ; Conrad Seyfert est le maître présumé qui a sculpté cette croix en 1480 pour les Chartreux de Koenigshoffen. Exposée pendant près de deux siècles à la Chartreuse de Molsheim, elle a été transférée au cimetière de la ville après la Révolution et mise à l’abri des intempéries dans l’église des Jésuites en 1970. Il a fallu au sculpteur un bloc de 20 t pour en dégager cette croix de 4,50 m de haut pour 2,10 m de large. L’habileté du ciseau est remarquable tout comme l’expression paisible du visage du Christ : cette croix est l’une des plus belles que l’Alsace possède de la fin du Moyen-Age.




Bibliographie : L’Ếglise paroissiale de Molsheim de Médard BARTH (1964)